Dirty
Dirty The only thing I listen to is indie music. Always forget my earplugs before a show.

Jackie Lynn

Jackie Lynn

Thrill Jockey (2016)

Timbre Timbre a donc une âme sœur en la personne d’Haley Fohr. Bienvenue dans le western futuriste de cette petite comète venue de l’Indiana.

À la manière de Carla dal Forno, dont on vous parlait il y a quelques semaines, la jeune femme arrive à l’aide d’un clavier ou d’une guitare et surtout de sa voix de crooneuse complètement surannée - elle se prend pour Elvis ou quoi ? - à nous entrainer avec elle dans des contrées jusqu’alors inconnues. 8 titres et 21 minutes suffisent à comprendre pourquoi Bill Callahan l’a pris sous son aile en tournée, sa voix a ce même pouvoir évocateur, de celui qui vous fait immédiatement vous projeter dans cette Amérique des pieds-tendres, la même que celles des partisans de Donald Drumpf. Tel une PJ Harvey des temps modernes, elle déclame ses histoires avec une assurance troublante, un ton envoutant et on reste suspendu à ses cordes vocales. Visiblement Haley essaie de communiquer avec les revenants, il y a un côté spirituel très présent, serions nous dans un rêve ou dans un film, à moins que nous soyons simplement en train d’avaler les miles sur ces routes rectilignes interminables, le stetson visé sur la caboche en direction de Franklin, TN.Les instrumentations ont beau souvent être un peu cheap, le charisme est bien là et une fois la bête domptée, ne restent que des chansons capables de vous hanter pour le reste de vos jours, sans avoir besoin de la voix gutturale de Johnny Cash. Le verdict tombe avec Jackie le morceau final où le discret accompagnement à la guitare acoustique confirme que cette prometteuse interprète a sacrément de personnalité. Et c’est bien tout ce qu’on demande à un·e songwriter.Tout ça donne envie d’attaquer la discographie de la demoiselle à contre-sens et de la rejoindre dans ses aventures en attendant la prochaine halte.

Allez hue, Jolly Jumper.