Dirty
Dirty The only thing I listen to is indie music. Always forget my earplugs before a show.

Contractions - Demo

Contractions - Demo

Echo Canyon (2017)

On avait quitté Julien, Gwen et leurs complices de Baton Rouge un beau jour de novembre 2015 sur scène lors de leur dernière tournée.

Un concert mémorable qui laissait un grand vide dans un paysage rock français souvent bien trop terne à nos yeux.Ces gars-là c’est nos chouchous, des mecs intègres et talentueux, des potes passionnés que la musique a réuni, qui pratiquent le DIY punk avec le sourire sur le label Echo Canyon. Ils sont les dignes représentants d’un punk rock indé qui s’exporte souvent mieux à l’étranger que dans ses propres frontières, malgré des textes en français. Le succès d’estime est au rendez-vous, mais ça s’arrête là, les fans d’émo punk français ne représentent qu’un petit noyau dur.Le cœur lourd, on s’était alors replongé dans leurs élucubrations précédentes, redécouvrant avec candeur leurs débuts criants de vérité avec Daïtro.12XU avait ensuite été un trait d’union majeur et avait balisé le chemin pour la suite, ces fameux fragments d’eux-mêmes. Au gré des EP et d’un album, ils recollaient les morceaux de leur culture indé.L’effet cathartique semblait atteindre son paroxysme avec Baton Rouge pour qui aura été remué comme nous par la scène indie-rock des années 80/90. Avec leur dernier album, “Totem”, accouché dans la douleur et à distance, les lyonnais finissaient de parachever une suite de toute beauté, somme toute logique. Leurs chemins se séparaient ici.Depuis de l’eau a coulé sous les ponts, mais l’histoire ne pouvait s’arrêter là quant on connait leur insatiable penchant de collecteurs de sons — pour mieux les recracher ensuite mon enfant. Un groupe c’est un nouveau terrain de jeu adjacent, dans la continuité du précédent. Sur son petit lopin de terre, Gwen a continué à lâcher quelques pavés avec Torino avant de déclarer le projet en hiatus indéfini après un dernier EP sorti en juillet.Et voilà donc que Julien et ses nouveaux compagnons de route reviennent avec une première démo, un éternel recommencement aux influences un peu plus élargies. Contractions constitue un nouveau pan de sa discographie et nous laisse entrevoir une autre facette de sa culture musicale.On reconnait sa patte, son goût pour les textes, mais la comparaison s’arrête là. Même si on flirte toujours avec le punk indé — le très regretté Grant Hart aurait très bien pu écrire “Parler ou marcher loin” — ça sonne quand même assez sixties par moment, ça pourra surprendre les fans de la première heure.Les chœurs sur “Demain n’est jamais loin” dénotent un virage assumé vers une pop plus légère. Le doute n’est plus permis avec la guitare acoustique et les claps discrets sur “Madrid au réveil” ou les chœurs de “Terrains Vagues”.Décliné dans un registre différent, le talent d’écriture reste intact, ce sont des chansons qu’on prendra plaisir à arpenter, à apprivoiser jusqu’à ce qu’elles nous soient familières. Un capital sympathie qui n’est pas prêt de s’épuiser.Sur “Jeune et Fier” on jubile de retrouver la hargne électrique sur laquelle on aime tant entendre notre lyonnais préféré s’égosiller. Faut dire qu’elles sonnent super bien les cordes neuves de cette Fender. Enfin, sur “Jour de Nuit” , la basse et les guitares martèlent des riffs aux influences plus garage, on surfe entre Bob Mould, Sonic Youth et les Thugs.Vraiment prometteur cette démo, ne boudons pas notre plaisir. On est impatient d’aller les voir sur scène, ça tombe bien ils feront quelques dates en France d’ici la fin de l’année.