Dirty
Dirty The only thing I listen to is indie music. Always forget my earplugs before a show.

Why? - Moh Lean

Why? - Moh Lean

Joyful Noise Recordings (2017)

Tranquillement Yoni Wolf et ses sbires continuent de creuser leur petit bonhomme de chemin au sein de la scène indie lo-fi. Dans la famille du nerd petit génie, bricolo touche-à-tout je demande le fils.

À l’instar de Troy von Balthazar, Lou Barlow, Joan of Arc ou David Bazan, ils expérimentent au gré des albums, pour le meilleur et pour le pire. Après avoir titillé les sommets de leur art sur Elephant Eyelash ou Alopecia, les trois garçons s’étaient un peu perdus en route et on désespérait fermement d’un prophétique retour en grâce. Sans prendre trop de risques, ils parviennent à prouver qu’ils sont toujours capables d’inspirations évocatrices singulières. Leur univers est maintenant bien ancré et les fans y retrouveront leur compte. Il est fort possible que les fils de black metal satanique s’ennuieront, niveau BPM et décibels, ça joue quand même quelques tons en dessous et c’est là tout le concept. À la manière d’un Fuzati romantique, Why? excelle dans l’art de sublimer la nostalgie et l’ennui quotidien, S’ils étaient un jean, ils seraient à coup sûr, un modèle usé coupé Urban Fit. Mais assez parlé chiffons, cette énième tentative sera-t-elle plus convaincante que les précédentes ? Car il faut bien l’avouer, ils nous avaient laissé assez circonspects dernièrement les gars de Cincinnati.Heureusement, dès les premières notes de This Ole King, on débarque immédiatement en terrain connu, on replongera avec plaisir dans cet univers décalé et onirique à souhait. L’enchaînement parfait avec Proactive Evolution continue de nous caresser dans le sens du poil, tant ce genre de chanson représente l’archétype et l’essence même de ce que produisent Why? depuis leurs débuts, en version hyper accessible. Easy manque de peu de nous endormir, mais Yoni Wolf a le don de nous garder en éveil avec son flow chanté et nasillard, il reste ce storyteller diablement efficace qu’on a découvert à l’époque sur le label des rappeurs conscients d’Anticon (CloudDead c’était aussi lui et son poto DoseOne). Sur One Mississipi l’ami Yoni montre qu’il est toujours capable de tenir tout le monde avec son phrasé emblématique. Et quand sur Georges Washington il s’essaie à pousser la chansonnette, comme le génialissime John Frusciante, il frôle la justesse sans jamais tutoyer le ridicule. Cette légère dissonance est, dirons-nous, simplement une maladresse volontaire, pour se montrer sous un jour plus humain. Le tempo ralentit davantage sur Water, le parfait morceau d’Indie Slacker, ces types qui refont le monde dans leur canapé en se chatouillant une barbe aux senteurs boisées. La fin est proche et on est carrément presque à l’arrêt sur le bien nommé Consequence of Nonaction. L’album se termine sur un gentil petit hymne d’adieu et puis s’en va. Point trop n’en faut.Non y’a pas à dire, ils se la coulent vraiment douce ces branleurs de hipsters.