Dirty
Dirty The only thing I listen to is indie music. Always forget my earplugs before a show.

Facs - Negative Houses

Facs - Negative Houses

Trouble in mind (2018)

Né des cendres de Disappears et avant cela de celles des 90 Day Men, ce nouveau projet du trio de Chicago se propose de nous emmener dans un manoir hanté par nos propres démons.

Ça colle parfaitement avec le nom du label. Dès l’intro lancinante, Facs annonce la couleur : elle sera sombre et d’une lenteur jouissive. Nous voici embarqués aux confins d’un post-punk arty et d’influences cold-wave. De savants artifices et une orchestration qui prennent un malin plaisir à prendre le temps d’explorer quelques recoins de la noirceur de l’âme humaine.

On se laisse porter par des motifs répétitifs dans un labyrinthe sonore qui réserve son lot de surprises. On erre dans ce dédale sans fin dans lequel on ne serait pas surpris de croiser des personnages filmographiques tout aussi perdus que nous, voire un brin dérangés.

Le tour de force de Facs, c’est la manière dont ils s’amusent à entretenir cette subtile tension permanente, qui en deviendrait presque rassurante. Dans cet univers, la quiétude se mêle drôlement bien à l’inquiétude.

Comme celle d’un Shaman, la voix déformée de Brian Case nous guide de temps au temps le long du voyage. On commence à comprendre que la sortie est proche sur l’explosif Exit like you.

Puis le disque se clôt dans un bruit strident avant de laisser place à un silence résonnant. Le court-métrage sonore frise la perfection, en moins de 40 minutes Facs assoit parfaitement son propos, pas la peine d’en rajouter.

Nul doute qu’on retournera volontiers dans cette salle obscure.

En écoute sur Spotify et sur Bandcamp